La plateforme de vente d’équipements sportifs Hardloop a déclaré être le premier e-commerçant « neutre en carbone ». Une telle annonce interpelle quand on sait à quel point l’ensemble du parcours d’achat sur les sites de e-commerce porte atteinte à l’environnement.

Cette initiative mérite qu’on s’y intéresse de près. Malheureusement, les articles de presse comme le site du e-commerçant ne donnent que trop peu d’informations précises. Cela dit, un process en trois étapes est évoqué :

  1. Mesure des émissions, avec la réalisation d’un bilan carbone prenant en compte l’ensemble des très nombreux éléments de la chaîne.
  2. Diverses initiatives de diminution des émissions : au-delà de ses produits (qui devraient être éco-conçus à 90% d’ici à 2023), Hardloop mise sur la généralisation du télétravail et à l’incitation de son personnel à recourir à des modes de transport doux comme le vélo, sur un recours à un fournisseur d’énergie « verte », sur la réutilisation de ses cartons d’emballage (et in fine sur leur recyclage).Voilà des initiatives très louables. Cela dit, il semble rester encore beaucoup de points d’amélioration, en particulier sur les deux points noirs environnementaux liés au e-commerce : la livraison des produits bien sûr, avec les déplacements des livreurs, mais également les émissions incompressibles associées à la navigation des clients et les clientes sur le site de vente en ligne.
  3. Compensation des émissions de CO2 restantes, avec une stratégie de protection de forêts et de plantation d’arbres.A mon sens et selon l’avis de nombreux experts, l’intérêt de la pratique, très prisée des grandes entreprises, consistant à planter des arbres pour compenser ses émissions carbone, est à relativiser : d’une part, ce système s’avère tout à fait insuffisant ; d’autre part, les reboisements qu’il génère se font parfois au détriment de certaines cultures ou faunes ; enfin, ces « pièges à carbone » ne durent que le temps de vie des arbres…

Ainsi, si les actions mises en place par Hardloop ont le mérite d’exister, il est, à mon sens, plutôt abusif d’utiliser l’expression « neutre en carbone » pour qualifier son activité. Disons que l’e-commerçant est en route vers plus de neutralité, ce qui est déjà bien, comparativement à ses petits camarades.

Un e-commerçant « neutre en carbone », c’est possible, ça ?
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