Comme d’autres enseignes de grande distribution auparavant et au nom du développement durable, Carrefour envisage de procéder à la dématérialisation de ses prospectus. A partir de fin juin, une expérimentation dans deux de ses hypermarchés permettra à ses clients et clientes de choisir entre un catalogue papier et un catalogue digital, qu’ils pourront recevoir par e-mail, SMS ou par message sur WhatsApp.

Sans mauvais jeu de mot, cette idée paraît intéressante sur le papier. Mais le problème, déjà soulevé dans mon livre blanc sur la relation client verte, c’est qu’on demande aux consommateurs et consommatrices de choisir entre la peste et le choléra :

Entre ces deux supports de communication, il y a clairement match. Certes, l’empreinte carbone du prospectus papier est surtout importante au début de son « cycle de vie », pour sa fabrication, son impression et son transport jusqu’aux boîtes aux lettres. Mais de son côté, l’e-mail consomme de l’énergie pendant plusieurs années (lors de son envoi, de son téléchargement, de son visionnage, puis… de son stockage), et nécessite des terminaux (ordinateur, tablette, smartphone), dont la fabrication, l’utilisation et le recyclage ont un impact environnemental considérable. Moins écologique sur le court terme, le prospectus n’a aucun impact à long terme, contrairement à l’e-mail, qui semble donc accroître la dette environnementale.

La dématérialisation, un « remède » pire que le mal ?

Cette sorte de « voix médiane », avec une dématérialisation progressive se traduisant par un maintien des deux formats, ne serait-elle finalement pas la pire des solutions ? De fait, pensez-vous sincèrement que Carrefour et ses collègues distributeurs vont se priver d’un moyen de communication responsable de 10 à 15% de leur chiffre d’affaires ? Cette solution transitoire est donc là pour durer. De sorte que Carrefour devrait cumuler pendant quelques temps la pollution, certes moindre, générée par ses catalogues papier toujours imprimés et celle de ses e-mails publicitaires, qui va au contraire s’accroître…

Prospectus ou e-mail, quel est le moins polluant ?
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