Un récent article fait état de la pénurie de réparateurs et réparatrices en électroménager rencontrée par les entreprises, que ce soit les distributeurs comme Fnac-Darty ou les spécialistes de la réparation comme la start-up Murfy. Personnellement, je considère que c’est une bonne nouvelle. Je m’explique.

Le paradigme de la surconsommation en train de s’inverser

Un des fondateurs de Murfy explique parfaitement les raisons de cette pénurie :

Cela fait 30 ans qu’on nous explique que le progrès c’est de pouvoir se racheter un lave-linge quand il tombe en panne : progressivement les jeunes ont arrêté de se former au métier de la réparation, et les centres de formations ont presque tous fermé.

Or, comme le montrent de nombreuses études, comme celle de YouGov pour La Provence, les consommateurs et les consommatrices pensent désormais de façon croissante à la réparation quand leurs objets du quotidien tombent en panne. Et cette prise de conscience s’est encore accélérée avec la crise sanitaire. Recours accru aux SAV des distributeurs, développement de sociétés spécialisées récemment créées, ou boom spectaculaire de l’auto-réparation… Répondant au double défi constitué par l’obsolescence programmée des produits et la baisse du pouvoir d’achat, la demande de prestations de réparation s’accroît, a priori de façon irréversible. Il ne reste plus qu’à reconstituer l’offre.

De quoi développer l’emploi et la formation

5000 réparateurs ou réparatrices font aujourd’hui défaut sur le marché français. Confrontées à l’absence d’organismes de formation initiale dans ce domaine, les entreprises misent donc sur la formation professionnelle des adultes. Pour cela, elles font appel à des organismes spécialisés ou mettent en place leurs propres cursus, à l’instar de Murphy. Et elles n’hésitent pas à se tourner vers des profils sinon atypiques, tout au moins éloignés du domaine technique. Elles privilégient en effet les soft skills, comme Fnac-Darty, qui recherche avant tout « des personnes motivées avec la fibre “relation-client” et un peu de bagage technique ». Une stratégie dont les clients et les clientes ne devraient assurément pas se plaindre.

Réparation : une pénurie de main d’œuvre en France

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quatre + cinq =