Avant la crise du Covid, 40% des consommatrices et consommateurs français déclaraient acheter des produits en vrac, selon une étude de Nielsen pour Réseau Vrac. Cette proportion est passée à 22% pendant le confinement du printemps 2020 – souvent parce que les magasins ou les rayons étaient fermés. Mais 85% de la clientèle d’hier est bien décidée à se remettre au vrac dès que possible !

Le vrac attire aussi distributeurs et marques…

De fait, suscitant moins de déchets, moins de gaspillage et moins de dépenses, le vrac se fait peu à peu une place dans les paniers de courses. En forte croissance durant les dernières années, il reste certes un marché de niche, avec un chiffre d’affaires estimé à 1,3 milliard d’euros (toujours selon Nielsen). Pourtant, il suscite l’intérêt de la distribution. Les épiceries spécialisées ont le vent en poupe, bien sûr, qu’elles fassent partie d’un réseau, comme celles de Day by Day, ou opèrent de façon indépendante. Mais le vrac touche aussi quasiment tout le secteur de la grande distribution, des hypermarchés aux supérettes, sans oublier les magasins bio.

Et les marques de grande consommation, comme Kellogg’s, Nestlé, Danone ou encore Heineken, partent elles aussi à l’assaut du vrac. Cela se fait pour l’instant plutôt sous forme de tests, en grande distribution ou dans les magasins spécialisés.

… mais les contraintes de la loi Climat ne les emballent pas

Mais ce n’est qu’un début, puisque la loi Climat prévoit que la grande distribution consacre 20% de ses surfaces de vente au vrac d’ici à 2030 (on en parle ici). Malgré leur intérêt pour ce marché, distributeurs et industriels ne semblent pas enthousiasmés par cette perspective.

De fait, comme pour toute nouvelle activité, le vrac souffre d’un certain manque de cadres, comme l’explique la directrice de l’association Réseau Vrac, créée en 2016 pour structurer cette filière et accompagner son développement :

C’est un secteur où il y a encore beaucoup de vide juridique. (…) Il faut professionnaliser les pratiques pour permettre au vrac de se développer dans les meilleures conditions et de façon pérenne. (…) Dans un premier temps, il s’agit de rassembler et de fédérer l’ensemble des acteurs, d’homogénéiser les pratiques en matière de réglementation et d’hygiène, et de lever les barrières à son développement.

Mais c’est surtout l’aspect financier qui semble refroidir les ardeurs des géants de la grande consommation : ceux-ci n’ont pas encore trouvé de modèle économique, ni réussi à maîtriser les coûts pour l’instant. A suivre…

La France emballée par le vrac ?
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