Le modèle de la société de consommation né dans les années 60 est aujourd’hui fortement remis en question. Considérant que les entreprises les incitent à la surconsommation, de plus en plus de personnes se tournent vers les circuits alternatifs de l’économie circulaire. Désireuses de ne pas être contournées, les entreprises tentent de suivre le mouvement.

De l’occasion…

Depuis plusieurs années, le marché de l’occasion connaît un important développement, dans le sillage de plateformes de mise en relation entre particuliers, généralistes ou spécialisées.

Le marché de l’habillement, notamment, est très bousculé par cette tendance, avec des sites comme Vinted. Pour accompagner ce mouvement, de plus en plus d’entreprises mettent en place leurs propres parcours d’achats de vêtements de seconde main. Patagonia avait montré la voie dès 2017 en créant une plateforme qui permet d’acheter à prix réduits des vêtements de la marque déjà portés, l’enseigne les rachetant à leurs propriétaires pour les remettre en état.
Depuis, d’autres marques, notamment de vêtements pour enfants, comme Camaïeu, IDKIDS, Petit Bateau ou tout récemment Orchestra, ont poursuivi dans cette voie. Comme « les enfants grandissent trop vite », ces produits se prêtent, il est vrai, très bien à cette tendance.

… à la location…

La location est nettement moins développée en France – où l’attachement au droit à la propriété reste encore très fort – que dans d’autres pays. Ainsi, seuls 15% des interviewés de l’Observatoire du rapport des Français à l’économie circulaire (L’ObSoSo, 2019) seraient « disposés à renoncer à la propriété » d’un vêtement « pour n’acquérir que le droit de l’utiliser ».

Dans notre pays, la location de vêtements reste donc principalement limitée à des services dédiés de type box. Ainsi, la formule d’abonnement du programme Le Closet permet à ses clients et clientes de recevoir chaque mois une sélection de vêtements, à porter pendant un temps, avec possibilité de les acheter en cas de coup de cœur.
Déjà présente sur le marché de l’occasion, la marque Kiabi vient par ailleurs de lancer un service de location de vêtements de maternité. Là aussi, le caractère éphémère de cet état se prête tout particulièrement à la mise en place de ce type de services.

… aux dérives, il faut faire attention !

Cette pratique n’est toutefois pas sans susciter certaines dérives, notamment dans le secteur de la mode, que la fast fashion a rendu encore plus éphémère : un site comme Vinted encourage l’achat compulsif et la rotation rapide des vêtements, et vendre d’occasion devient parfois un moyen… de racheter plus rapidement du neuf ! Sans oublier les déchets d’emballage et la multiplication des transports que génère cette pratique !

Une récente étude d’universitaires finlandais vient d’ailleurs de jeter un pavé dans la mare, en calculant le « potentiel de réchauffement climatique » lié au cycle de vie des produits dans le cadre de différents modes de consommation : si l’achat de seconde main trouve grâce à ses yeux, l’étude montre que la location génère tellement d’émissions de gaz à effet de serre qu’il serait encore plus écologique de jeter ses vêtements une fois portés !

Economie circulaire : l’habillement spécialisé mise sur le prêt-à-reporter
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